Bull, Clarence or Parrish, Fred - Vivien Leigh in a Scene from Gone with the Wind

 

Cette page est dédiée à une des passions du webmaster, le cinéma. Ici seront présentés des œuvres actuelles marquantes (en bien ou en mal) du cinéma actuel, ainsi que des mammouths de l'histoire du cinéma. Aujourd'hui, un indispensable…

 

Gone With The Wind

Autant en emporte le vent

George Cukor, Sam Wood, Victor Fleming (USA, 1939)
Avec Clark Gable, Vivien Leigh, Leslie Howard, Olivia de Havilland
Musique : Max Steiner
 
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Par où commencer ? Sans doute par la fête organisée en l’honneur des seize ans de l’Irlandaise Scarlett O’Hara (Vivien Leigh) dans la propriété familiale de Tara, en Géorgie, à la veille de la Guerre de Sécession. Se trouve là Rhett Butler, un personnage mystérieux : il s’agit d’un aventurier à la fois séduisant et d’une désinvolture qui passe pour de l’insolence, en particulier lors de discussions politiques, où il paraît d’une lucidité dérangeante. Rhett Butler plaît à Scarlett O’Hara, même si elle est trop fière pour l’admettre, et finit par épouser un personnage obscur – dont elle sera veuve de guerre. Une guerre vient ruiner Tara, parangon d’un Sud esclavagiste fortuné ; Scarlett O’Hara s’attache à reconstruire ce patrimoine, puis épouse un scieur, dont elle devient également veuve, avant, enfin, d’unir sa destinée à Rhett Butler. Pour combien de temps ?

Autant en emporte le vent constitue un saisissant récit du destin du Vieux Sud des Etats-Unis, construit sur l’industrie du coton et sur l’esclavage – sur lequel l’œuvre cinématographique semble jeter un regard nuancé ; certains des personnages serviles, Mama par exemple, sont du reste peints avec tendresse. Je suggère de le lire comme le passage d’une vieille Amérique profondément attachée à des valeurs qui, sans doute, méritent d’être revisitées, et des Etats-Unis nouveaux, plus pragmatiques, dont Rhett Butler représente le parangon – un style auquel Scarlett O’Hara, fille gâtée et complexe, devra bien s’adapter afin de reconstruire une vie détruite par la guerre. Industrieuse, pragmatique, incapable de baisser les bras dans l’adversité, c’est finalement ainsi que l’on peut voir le Pays de l’Oncle Sam d’aujourd’hui encore.

Le roman de Margaret Mitchell, best-seller de tous les temps, n’a pas pris une ride ! Quant au film, il est somptueux ! Combien de robes pour Scarlett ? Combien de décors, de personnages ? Il se regarde, encore et toujours ; on s’y baigne comme dans un long fleuve aux méandres complexes, mais si bien amenés qu’ils finissent par constituer le poignant portrait d’une époque.
 

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