QUELQUES
POEMES DROLES
de
l’année 2007.
Ballade
de Ferdinand Teulé.
A un ami d’ultra-gauche.
En deux mille sept, le huit mars,
Je dédie un plaisant poème
A qui sait apprécier la farce,
A ceux qui le souvenir aiment
De Ferdinand Teulé, naguère
De philosophie agrégé,
Qui fut contraint après la guerre
De finir sa vie sur les quais.
La Seine coule, et c’est printemps.
Voilà qu’ont passé quarante ans
Depuis le temps où, sur le quai
Qui reçut nom de Malaquais,
Ferdinand Teulé, bouquiniste,
Offrait grimoires et brochures
A tous ses amis socialistes
Au nom de la beauté qui dure.
Lui, déjà, au Musée du Soir,
Avait uni à Montparnasse
Les prolétaires du Parnasse
Dans l’attente, en vain, du Grand Soir.
Et parmi ses amis, Guillaume
Préparait Mai Soixante-Huit.
Et que le temps a passé vite ;
Tant de blessures, peu de baumes.
Et Ferdinand, chaque dimanche,
Offrait aussi à son filleul,
Pour qu’il se sente un peu moins seul,
Des livres tirés de sa manche.
Et c’était les années Soixante,
Un siècle a passé depuis hier.
La Mort fut la dernière amante
De plus d’un révolutionnaire.
Ah ! Comme il rirait, Ferdinand,
Loin de la droite et de la gauche,
De voir aujourd’hui cet enfant
Jadis surnommé Robert Pioche
Brocarder la Vieille Mamie,
Française aux temps de Richelieu,
Dont je voudrais faire en ces lieux
Ma piochéenne académie.
Génération après une autre,
Que l’on jubile et que l’on rie
De voir surgir la vieille taupe,
Creusant toujours ses galeries !
Faisons moqueuse notre lippe
Et chantons cette chanson triste
Du vieux bouquiniste anarchiste,
Vive Charles-Louis Philippe !
Fellations.
Sot qui écoute haine
De femelle à l’haleine
Que semence
Ensemence.
J’ai su, chère Suzon, que nul remords vous n’eûtes
A téter le suçot autant que
vous le pûtes,
Ainsi que bonnes sœurs et dignes dames bourges,
A lécher jusqu’au bout, à tout bougre, la courge
Aspirant chaque asperge au plus près du prépuce
En vous faisant payer, comme le font les putes.
Je voulus que gratis, Suzon, mon vît tu suces.
Avant que d’être mort, Suzon, dedans ma fosse,
Je te voulus punie en ce délice qu’on
Appelait quelquefois, jadis : Semen
in os
Quand la trompe se membre entre gosier et con.
Tu sus, tu sais, Suzon, sucer le mort en vie
Quand la bite déconne et que le vivant bande,
Evite le sillon vulgaire et bouche envie
Avant de s’éloigner dans la mortelle bande.
Suçote la sucette, une seule fois fût-ce,
Aux pendus de Villon, aux frères de Baillon :
Je voulais, ô Suzon, que mon nectar tu busses.
Et chantons la chanson des cent Suzon qui sucent.
« Greluche
te truffant des couilles des ordures,
Pourquoi téter les glands des glands, niquer des lopes ?
Mais si je vois danser autour de mon dard dur
Ton bel œil nyctalope, alors tu es Salope ».
J’ai aimé nicher bite en bouche
A langue agile qui gland mouche,
Mes mains en chevelure brune
Quand un grillon chante à la lune,
Cheveux parfumés sur mon ventre
Avant que plaisir ne m’éventre,
Tes yeux souriants qui m’observent
En l’instant de la haute verve.
Verge bandante, admiration
De ta prière en soumission.
J’ordonne que tu boives toute
La giclée, et goutte après goutte.
Femme diligente à sucer
A droit de causer d’amitié.
A quoi rêvent les jeunes filles ?
Mon cher Alfred, je vous défie
De nier que cet animal
Soit atteint de trouble hormonal.
Peut-être à rien, tout simplement.
Et à coup sûr, point je ne mens
Si je dis que pucelle rêve
A la pine. Et
c’est : suce ou crève.
Je ris, si femelle veut taire
Le moins secret de ses mystères,
Voulant toujours faire le coup
Du bon ami. Ami, mes couilles.
Il faut d’abord tirer ton coup,
En chienne offrir fente qui mouille.
Au membre fouaillant ta chatte,
Tu devras montrer blanche patte.
Il faut donc m’écarter les jambes,
Qua ma queue et mon rut t’enjambent,
Te bourrer les trous de ma poutre
Et te faire avaler mon foutre.
Femme moderne point ne geint
Quand il faut divulguer vagin
Et que pour sa vulve on la paye.
Et pour une très grasse oseille,
Elle écarte le trou du cul
Puis disserte de sa pudeur.
C’est très artistique le nu,
Et puis le fric n’a pas d’odeur.
Ne me prenant pas pour un bon,
Malheur à moi si point je n’eusse
Su vérité : les femmes sucent.
Tu sauras, embouchée au con,
Femme qui pompe et que je nique,
Que je suis vraiment romantique.
A XAVIER VALLA.
8 mars 2007.
Que de tracas, qu’Akadémie
(Candidat importun, ma mie,
Sous ses habits d’éternel mioche) !
Et c’est le cas, qu’Akadémie
Doive changer son règlement
Pour éviter l’épidémie
De cet exemple impertinent.
Car quel fracas, qu’Akadémie
Par crime de lèse-Giscard,
Ait par quelque main ennemie
Voté pour semblable lascar !
Pioche braqua – qu’Akadémie
En tremble encor – sa verte plume,
Cognant gaiment sur son enclume
Les hommes verts déjà momies.
Il n’y a qu’à – qu’Akadémie
Le note bien – d’autre façon
Que de héler Gais Sots et çons
Pour sauver la démocratie.
On attaqua – qu’Akadémie
Se le rappelle – Abel, vieillard,
Avant le terme de sa vie :
Et c’était pas du tout bonnard.
Y a du « qu’à... qu’à... » qu’Akadémie
Devrait savoir quarante fois
Ou quarante fois et demi
L’inverse d’immortel, ma foi
!
Mettez un K – qu’Akadémie
L’écrive dans son dictionnaire –
Au mot nouveau : Kakadémie,
Néologisme débonnaire.
Comme phonétique enseigna,
Ce n’est point d’un bègue le tic
De dire : qu’A, qu’A, qu’A, qu’A, qu’A.
Et comme tout l’académique,
C’est du kaka qu’Akadémie !
Que tous les titis parigots
Ecoeurés par trop de Gais Sots
Chantent cette chanson amie,
La « Chanson de Cakadémie »
Que Robert Pioche composa
Pour lutter contre l’anémie
Du Grand Caca, et Cacas qu’A...
A XAVIER VALLA.
31 mai 2007.
Candidature, quand dictature,
Qu’en dira-t-on, candidature…
Mais quels désirs académiques
Auraient donc saisi Robert Pioche,
Ce sympathique éternel mioche ?
Voyons donc où serait la nique !
Quelqu’un s’écrie : - « Ah mais, comment ?
Toujours ce Pioche aux airs d’un ange ? »
- « Hélas, tel est le règlement ! »
Le choix est simple : ou on le change,
Le règlement, ou l’on maintient
Cet usage : « Toute personne
Peut prétendre à un fauteuil », tiens !
Et Robert Pioche se bidonne,
Parce qu’il est un très recte
homme,
Et du rectum il a les droits
De vouloir vêtir, le bonhomme,
Habit d’Immortel à l’endroit !
- « Et si l’on décidait, ma mie,
Dedans couloirs d’Akadémie,
Que tout quidam, sauf Robert Pioche,
Peut vouloir graver dans la roche
Un titre d’académicien ? »
- « Ce serait infamie sans nom,
Ce serait discrimination.
Discrimination, c’est pas bien.
»
Songe, lecteur, à la séance
Du vote où le très preux Gaillard,
Ex-chef des hauts destins de France,
Lit le nom de Mathieu, lascar,
Sur l’un des précieux bulletins
Qu’il convient de poser dans l’urne.
Y a de quoi s’exclamer : - « Putain !
Ce Mathieu nous brise les burnes ! »
Tant pis pour lui, et que l’on dise
Que « parmi qui cacadémise
Olivier Mathieu n’a point place »,
Ni Robert Pioche le salace.
Olivier Mathieu, qui l’eût cru,
N’est pas au nombre des Elus !
Va-t-il donc s’asseoir, Robert Pioche,
Et porter sa verve très franche
Dans l’Akadémie un rien moche
Où c’est pas tout jeudi dimanche
?
Né en un temps et en un lieu
Qui (n’en déplaise à Richelieu)
Ne méritaient guère sa lippe,
En liberté, vêtu de nippes,
Pioche donna mainte colique
Aux ennemis du cher Ménippe.
Ce siècle n’a rien de Bonnard ?
Pioche tout seul se fait l’Abel,
Tant pis pour les messieurs Bouvard
Et Pécuchet en ribambelle !
O la très noble investiture !
Qu’en dira-t-on, candidature,
Quand Pioche l’académicien,
Entrant sous les lambris anciens,
Dira : « Parmi gens de pensée,
Y a-t-il ici noble esprit
Qui daigne payer mon épée
D’académicien de grand prix ? »
A Pioche, enfin, faudrait tailler
Costume glauque sur mesure,
Et enfin il pourrait loger
Dans une maison aussi sûre.
- « Mais non !
Plutôt que l’épée moche,
Je préfère garder ma pioche ! »
O ma très libre Akadémie,
Dictature, dictature honnie !
Lorsque candidat l’on censure,
Cela devient « quand dictature » !
… « Satisfaction ! comme dit
Mick :
… « That’s what I said académique ! »
En mémoire
du MERDRE d’Alfred Jarry.
Elle serait longue, la liste
Des crétins beaux comme des kystes.
Mais de par ce mien Testament,
Je veux en un seul mouvement
Foutre un grand coup de pied au cul
A tous ceux qui sont nés cocus
Sans daigner écrire le nom,
Jusqu’au dernier, de tous ces cons.
Et aux vieux beaux de Montparnasse,
Philosophes de la vinasse
Qui répandent en conférences
Le suc de leurs réflexions rances,
Qui ont l’esprit gâté de failles
Et pour misérables batailles
La bière et de vieilles rombières,
Je lègue mésestime altière
A ces fayots indignes, non,
De porter de « titis » le nom !
Qui n’ont pas d’âme et moins de bite,
Il ne faut point oublier celles
Que j’immortalise en merdrelles,
De « merde » le diminutif
D’un nain moustachu et poussif
A qui je lègue un jeu de dés,
Car on n’est jamais trop aidé.
Petites cervelles vicieuses,
De vos pièces avaricieuses
Je vous rends la fausse monnaie
(Les fachos sont tristes niais,
Pauvre bande de pauvres cons).
Bref, je permets volontiers qu’on
Fourre vos nez dans vos cacas.
Toute révolution n’a qu’à
Se libérer d’abord de vous,
Mes enculés coincés du trou.
Hémorroïdes.
Où êtes-vous, mes amis, dites,
Aux jours où je pisse le sang
Qui par mon trou du cul descend
Dans le chiotte en larmes maudites ?
Où vous cachez-vous, chers amis,
Quand de mon corps si mal nourri
J’extrais la chiasse avec mes doigts
En hurlant de douleur dix fois ?
Où est votre belle amitié
Quand mes intestins constipés
Pétrifient la bouffe avariée
Que pendant vingt ans j’ai mangée ?
Me voici donc sur la cuvette
Où se tord un maigre squelette
Souffrant les peines de l’enfer,
L’anus plein de pointes de fer.
Léguer à mes amis, beaux sires,
Témoignage de gratitude
Pour leur générosité prude.
Jamais je n’ai reçu de vous,
Mes amis, un seul petit sou
Pour manger parfois à ma faim.
Le drôle est à la fin des fins.
J’ai ventre creux, et de froid tremble.
Et le sang se mêle
à la merde.
Mais au bout du compte il me semble
Que ce n’est pas moi qui y perde.
Mieux valent mes hémorroïdes
Que tant de faux amis perfides
Dont je dis en claire rancoeur
Qu’ils ont la merde, oui, mais au cœur.
Je gis sans un médicament
Dans mes hardes de pauvre gusse.
A vous, dadais, c’est vos amants
Qui vous ont délabré l’anus.
La conclusion, mais qui l’eût cru,
Est que les fachos, trous du cul,
Ont l’âme trouble et aussi pure
Que la plus noble des ordures.
Et mon caca sur la faïence
A vraiment toutes les semblances
De ces petits frustrés qui ronchent.
J’ai fait le portrait à leurs tronches.
Je leur lègue un suc de menstrues
Et les oins de merde qui pue.
L’énigme
des trois pères.
Au très bon docteur DU VIVIER,
Qui fut le mari de Marie
LEPAIGE, un grand merci je crie
Pour don du prénom d’Olivier.
A Arthur JACQUART, milliardaire,
Où il mourut en me léguant
Son esprit mais aucun argent.
A Flavien MATHIEU l’enseignant,
Qui partit à trente-trois ans,
Je dis merci pour la pincée
Qu’il m’offrit de libre pensée.
A Marcel MATHIEU, dit « le Père »,
Qui fit maint voyage à Moscou
(Au vrai, très souvent je l’espère,
C’est BAILLON qui tira son coup) :
« Merci si tu fus stalinien,
Au fond, c’est un peu mieux que rien ».
Le très bon docteur DU VIVIER
Reste, à Liège, dans les chroniques.
Le riche ARTHUR aimait la nique,
Et peut-être peut-on l’envier
D’avoir fait danser Mistinguett
Sur son élégante quéquette.
Pour un priapisme indécent,
Et en un seul mot comme en cent,
MARCEL MATHIEU connut la gloire.
Vraiment, la chose est très notoire :
Le bougre avait toujours la trique.
Mes aïeux furent excentriques.
A ma grand-mère romancière
Que l’on surnomma DE VIVIER,
Je confesse qu’il n’y a guère
Dont je la doive remercier.
C’est mon parrain le bouquiniste,
Le charmant Ferdinand TEULE,
Que j’ajouterai à la liste
De ceux qui pour moi ont compté.
Enfin je veux que de la sorte
Soit remerciée, et pas par rite,
Ma pauvre maman qui est morte :
Je me souviens de MARGUERITE.
Voilà qui furent mes ancêtres,
Quelque chose à chacun j’ai pris.
Quand j’irai au Kremlin-Bicêtre
Par un pauvre petit matin gris,
Si pour moi s’élève prière,
Si larme coule dans des yeux,
Je voudrais que dessus ma pierre
On ne taise point mes aïeux.
Maints ont perdu au cours des âges
Leur idéal, et leur esprit,
Pour ne plus accorder de prix
Ni à leur sang, ni au courage.
Ils ont dilapidé fortune
Sur la pente d’un long déclin,
Sans me laisser même une tune.
Mais de ma lignée, à la fin,
J’ai vu renaître dans mes gènes
Le caractère des anciens.
Et tant pis pour ceux que ça gêne :
J’ai repris le flambeau des miens.
Je dois un mot à JEAN-PHILIPPE
Qui, cinq jours, vécut tous ses maux.
Robert Pioche, qui fut Ménippe,
S’imaginait mal en jumeau.
Mon père français eut LOUIS.
Mais je jubile en secret grand
D’avoir été enfant sans lui.
Mon père italien, BON ENFANT
Ne le fut point, mais point du tout.
Et c’est le troisième qui semble
RENE, conte à dormir debout.
AH ! c’est à lui que je
ressemble !
Epître
à François de Montcorbier.
Voilà qu’il faut fermer ce livre.
Et que le vivant Mort délivre !
Je vous écris, François Villon,
Grand poète et mauvais garçon.
Ce bon à rien de Robert Pioche
A réuni ces maigres strophes.
Nous fûmes lointains dans le temps
Mais je vous écris cependant
Du siècle sans harpes ni luths
Où donc plus jamais nul ne lutte.
L’époque a changé mais mon art
Fut du tout dernier coquillart.
Ce que vous dira ma prière
Est qu’en vous, j’aurai eu un frère.
Pucelle et garce vous connûtes,
Moi aussi. La pucelle est pute.
La salope offerte aux gorets
Crèvera vieille en mortels rets.
Où est levrette de seize ans
Qui s’offre en un unique instant
A un vieux poète au cœur jeune ?
Qui aime émotion, souvent jeûne !
Nous l’avons su, et moi, et vous,
François Villon, et on s’en fout.
Donc, vive le vol à la tire
Et l’effraction des tirelires !
Ah ! Nous aurons tous deux bien ri
Dans cette ville de Paris.
Vous écriviez langue française
Naissante, et argot de Pontoise.
Je vous confesse, à être Franc,
Que je vis au temps des céfrans.
La langue bientôt sera morte,
C’est moi qui fermerai la porte.
J’ai lu en pleurs le Testament,
Ri de vos tours de chenapan.
Pour ce qui est de la potence
Ou de quelques affreux pissats,
Je veux vous confesser que ça,
J’ai su le vrai de vos sentences.
D’éloge mâle, en la venelle,
S’offusque la prude femelle.
La même, quand elle est en rut,
Est prompte à lécher tous les culs.
Oui, nous aurions pu nous entendre,
Je le crois, en cynisme tendre.
Adieu, merci, François Villon,
Soutien du dernier vagabond.
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