Pierre Kaelin

Vie:
Né le 12 mai 1913, Pierre Kaelin passe son enfance à Estavayer-le-Lac. Louis Ruffieux lui enseigne le chant grégorien. C’est en 1927 qu’il s’installe à Châtel-Saint-Denis, suivant sa famille : il a trois frères (deux deviendront religieux) et une sœur. Ses premières notions musicales lui sont apportées par Joseph Gogniat, organiste de la cathédrale de Fribourg, et par Otto Rehm. C’est Carlo Boller qui lui apporte ses premiers rudiments de chef de chœur alors qu’il dirige, dans les années 1932, le Quatuor des routiers. En 1933, Pierre Kaelin entre au grand séminaire. Ordonné prêtre en 1937, il se perfectionne à l’école César Franck (Paris), dont il est diplômé en 1947, et à l’Institut grégorien de l’Abbaye de Solesmes. C’est aussi cette année-là qu’il enregistre son premier disque. Mobilisé durant la Seconde Guerre Mondiale, il monte divers quatuors et ensembles vocaux.

Dès 1949, il enseigne la musique aux élèves de l’Ecole Normale de Fribourg. Parmi ses élèves, on compte Charly Torche et André Ducret. Son activité de pédagogue s’étend en 1955, lorsqu’il est nommé professeur de direction chorale au Conservatoire de Fribourg.

Installé dans la cité des Zaehringen, il y fonde la Chanson de Fribourg (aujourd’hui dirigée par Pierre Huwiler, son neveu) en 1952. Sa vocation est de contribuer par la musique au rayonnement de la ville, en Suisse et à l’étranger. Pour cette société, il écrira une impressionnante production de pièces populaires pour chœur a capella, dont les textes sont bien souvent signées de son alter ego littéraire, Emile Gardaz. Certaines chansons du tandem, telles Les Chemins de la mer ou Partager, sont devenues de véritables tubes. En 1957, naît le Chœur symphonique de Fribourg, dont la vocation est de présenter à la cité le grand répertoire classique. Ces deux chorales sillonneront le monde : Monaco, Japon, Etats-Unis, Canada, Grèce… Parallèlement, Pierre Kaelin, digne successeur de l’abbé Joseph Bovet, occupe les fonctions de maître de chapelle de la cathédrale Saint-Nicolas.

En 1965, on le trouve dans le groupe d’étude qui prépare les documents de liturgie de Vatican II. C’est cette année qu’il fonde aussi le CIMAL, Centre d’information mondiale anti-lèpre, dont il est l’âme. Progressivement, ses œuvres se font engagées, à l’image de La Joie partagée, oratorio aux textes durs, dont la musique emprunte au jazz. On songe également à la Symphonie des deux mondes, à laquelle ont participé entre autres Dom Helder Camara ou John Littleton.

Pierre Kaelin s’est éteint en 1995. Compositeur, personnalité charismatique, Pierre Kaelin se mue en inventeur, notamment du fameux tékaphone (1947), présenté à Lausanne et à New York. Il mettra également au point des systèmes de vote par boutons, semblables à ceux utilisés par le Parlement suisse, au Palais fédéral de Berne. On dit que l’abbé avait une idée à chaque pas… et que s’il avait un soir de libre, il en profitait pour fonder un chœur.

Daniel Fattore
Source :
catalogue des œuvres de Pierre Kaelin

Oeuvres:
Plus fort qu’la mort (1933), opéra bouffe
Petite messe de Noël (1941)
Messe pour l a paix (1942)
Messe du Sacre (1953)
Messire François (1954)
La Joie de chanter (1958)
, suite chorale sur un texte d’Emile Gardaz
Votre monde, Seigneur (1962), sur un texte d’Emile Gardaz
La joie partagée (1965), sur des textes de l’Abbé Pierre et de Raoul Follereau
Les Chemins de la croix (1966)
Isidore (1967)
, musique de scène sur des textes de René Morax
Messe des jeunes (1968)
Ischa (1969)
sur un texte de Jean Lorenzi
Symphonie des deux mondes (1980)
Terre de Fribourg (1981)
sur un texte de Jean Winiger
Psalmus Friburgensis (1981) sur des textes de la Bible
Les Oiseaux de Varsovie (1982) sur des textes de Bernard Ducarroz
Deux fables (1984) pour chœur mixte, sur des poèmes de Jean de la Fontaine
Chanson d’ici (1985) pour chœur mixte a capella
La Messe là-bas (1991), oratorio sur un poème de Paul Claudel

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