Le Sacrifice
Présentation : 
 
Olivier Mathieu est né, le 14 octobre 1960, à Boulogne-Billancourt. En 2003, il a obtenu une voix 
à l’Académie française, lors d’une élection qui l’opposait à M. Valéry Giscard d’Estaing. 
 
Il a publié un article consacré à sa grand-mère, la romancière Marie de Vivier, dans les Nouveaux 
Cahiers André Baillon (2004, n° 2) dirigés par le professeur Frans Denissen. Cette même revue a en 
outre reproduit, récemment (2006, n° 4), trois photographies de Marie de Vivier1, appartenant à 
la collection personnelle d’Olivier Mathieu.
 
En 2005, Olivier Mathieu a publié un roman, Une nuit d’été (qui a reçu un accueil très favorable 
dans plusieurs journaux, notamment La Nazione en Italie, mais aussi, en France, L’Echo d’Ancenis, 
ou Eléments sous la plume de Michel Marmin). En  décembre 2006, il a édité un précieux recueil 
de textes poétiques et en prose : Un peu d’encre, de larmes, de poudre et puis de sang. Le genre de la 
nouvelle a, depuis longtemps, inspiré Olivier Mathieu. Que l’on se rappelle les textes qu’il a 
publiés, entre 1979 et 1985, dans la revue Ouvertures. Il y eut aussi Cousine, au début des années 80, 
qui fut primée dans un concours littéraire parisien. Puis ce fut La fuite, en 1986, dans la Nouvelle 
Revue de Paris patronnée par M. Jean Mistler, de l’Académie française (éditions du Rocher). Vers 
1990-1991, à Bruxelles, Olivier Mathieu donna à un journal bruxellois un Conte de Noël. Et trois 
nouvelles encore, en 1993, dans La Rue, le mensuel parisien (tendance PS) des SDF.
 
La nouvelle que voici est née de la plus pure fantaisie ; on y retrouve la plupart des thèmes, et des
 figures des écrivains qu’aime Olivier Mathieu : depuis Francis Scott Fitzgerald jusqu’à François 
Villon, depuis Pavese jusqu’à Guareschi en passant par Carlo Gozzi, Jaroslav Hasek et son cher 
(et peut-être grand-père : la ressemblance, entre eux, n’est-elle pas frappante ?) André Baillon, 
grand romancier de gauche.
 
Un personnage a été baptisé « Gratarolo », comme ce Pier Antonio Gratarolo (1736-1785) qui fut
 l’ennemi de Carlo Gozzi. En outre, à la dernière page, Robert Pioche a un rendez-vous Calle 
della Regina, à Venise, où se trouve le palais familial des Gozzi. Olivier Mathieu souligne la 
fréquence avec laquelle l’auteur des Mémoires inutiles employait l’expression : « C’est Babylone2 ».
 
De telles allusions, certaines explicites et d’autres non, sont innombrables. Nous n’avons voulu, 
dans cette préface, en indiquer qu’une infime partie. Le sens du tragique se mêle à une dimension 
ésotérique. On suppose que le personnage de Laure doive son prénom à Pétrarque. Elle est née, 
apprend-on, un 30 octobre : jour où l’on fête, en Italie, San Cassiano. Et le lecteur du « Sacrifice » 
sourira en apprenant que l’un des prêtres de cette paroisse vénitienne, en 2007, s’appelle en effet 
Don Agostino. 
 
Si Olivier Mathieu a produit ici une œuvre qui n’est pas complètement autobiographique, ceux 
qui recherchent des « clés » littéraires noteront que, le 14 octobre 1993, à Paris, son témoin de 
mariage s’appelait Xavier. 
 
« Le Sacrifice » est un texte d’une grande économie expressive et qui confirmera, aux admirateurs 
d’Olivier Mathieu, son talent. On n’ose cependant espérer que cette nouvelle fasse taire ceux qui 
continuent à le méconnaître voire à répandre, sur son compte, des propos dénués de la moindre 
véracité ou de la moindre intelligence. Comment ne pas dire un mot, pour conclure, de 
l’affirmation que lance un personnage du « Sacrifice » quant à une découverte, qu’il aurait faite, de 
la sépulture de François Villon ? Cette quête, on le sait, est celle d’Olivier Mathieu. Et en ce début 
du troisième millénaire que reste-t-il, pour rêver, sinon la littérature ?
 
Daniel Fattore
 
1. Cf. Marilia VILLAR, in : Nouveaux Cahiers André Baillon, n° 4 (2006).
 
2. Cf. Carlo GOZZI, Lettere, a cura di Fabio SOLDINI, Marsilio, Venezia, 2004. 
 

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