A propos de L’Examen

 

Vicissitudes d’une nouvelle

La nouvelle L’Examen a été écrite par Daniel Fattore entre 1992 et 1993. Elle a connu plusieurs usages assez divers et complémentaires. D’abord, il s’agissait de remplir les colonnes du Journal de Bac 1993, publié par les soins de sa propre volée de bacheliers au Collège du Sud de Bulle ; l’idée était donc venue à l’auteur d’écrire une nouvelle relatant un examen, vécu par une personne qui n’a rien préparé en raison d’un week-end chargé. Le point de départ du récit était un feuilleton avorté, entamé dans d’anciens journaux de bac. Le récit s’est trouvé être en phase avec un rapport de lecture à produire pour le professeur de littérature française ; il a donc été livré en ajout à un travail plus analytique qui a valu une bonne note à l’étudiant. Ensuite encore, cette nouvelle a été envoyée au tout premier concours de nouvelles auquel Daniel Fattore a jamais participé, le prix Espace Jeunes Auteurs, précisément consacré à la nouvelle en 1993. Pas de succès, hélas… le vainqueur étant arrivé à tirer des larmes au jury en relatant l’histoire d’une famille dont l’un des enfants est trisomique. Dernier avatar de ce texte, le roman court Mémoires d’un touriste, version étendue et détaillée de tout ce récit, qui va jusqu’à mentionner des détails aussi indispensables que la couleur du couteau suisse du narrateur, finalisé dans les années 1996 et inédit, si l’on excepte une demi-douzaine d’exemplaires à reliure spirale. Les éditions Gallimard, qui n’ont pas retenu le manuscrit, devaient écrire à son auteur : « Le thème de votre récit, L’Examen ou Mémoires d’un touriste, est amusant et enlevé. Il est malgré tout passablement étiré et le sujet traîne un peu en longueur. Vous aviez la matière d’une nouvelle et non pas celle d’un récit. » Dont acte.

 

Entre imaginaire et réalité

Certes, L’Examen est un récit de pure imagination. Mais comme souvent pour ce genre de texte, celui-ci se nourrit de réalités. Les lecteurs, et en particulier ceux qui ont fréquenté le Collège du Sud de Bulle au début des années 1990 y reconnaîtront certaines pratiques propres à l’établissement, de niveau secondaire supérieur. Les visites du « directeur des études », par exemple, étaient une habitude réalisée une ou deux fois par an dans chaque classe. La salle 1.14 existe également ; la nouvelle ne s’en explique pas forcément de façon très claire, mais elle était l’une des seules salles du bâtiment scolaire à être dotée d’une moquette, qui absorbait toutes les odeurs. Le résultat était effectivement plutôt nauséabond. Le personnel enseignant est inspiré, de très loin, par des professeurs que l’auteur a eus. Certaines allusions seront transparentes aux anciens du Collège du Sud. Le déroulement de l’examen est sans doute semblable à tout ce qui peut se passer dans tous les lycées du monde ; les antisèches sont également un classique de cette discipline, un classique auquel l’auteur ne s’est cependant jamais laissé aller. Les sociétés de jeunesse sont nées afin de créer, dans chaque village, une structure permettant à ceux-ci de se retrouver régulièrement, à une époque où les impératifs professionnels dispersent tout le monde. Ces sociétés organisent des événements propices à l’animation des communes où elles sont basées, souvent des villages (théâtre, ventes de gâteaux, chantées du Premier mai, etc.). Les fêtes de jeunesses sont, elles, l’occasion de jouter, mais aussi de boire et de danser – bref, de s’amuser.

Bonne lecture !

 

 

Daniel Fattore.

 

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