Emile Jaques-Dalcroze

Vie:
Le compositeur suisse Emile Jaques-Dalcroze, originaire de Sainte-Croix, naît à Vienne en Autriche le 6 juillet 1865. Il est le fils d’un représentant de fabriques d’horlogerie.

Etabli à Genève depuis 1875, Jaques-Dalcroze y accomplit sa scolarité (école Privat, Collège de Ville) et ses premières études musicales, marquées entre autres par Johann Strauss. A noter que du temps de ses études universitaires, Emile Jaques-Dalcroze est membre de la société d’étudiants Belles-Lettres.

Au terme de sa formation scolaire, Emile Jaques-Dalcroze part se perfectionner à Paris. Là-bas, l’un de ses professeurs est Léo Delibes. Il poursuit sa formation à Vienne où il est l'élève d'Anton Bruckner ; il s’y forme en piano, en orgue et en composition. Dès ses années d'études, il révèle des dons peu communs de créateur, produisant de très nombreuses compositions. C'est avec une Humoresque pour orchestre créée par Hugo de Senger en 1891 et surtout par son oratorio profane La Veillée qu'il va consacrer sa réputation grandissante de compositeur. La première représentation de Sancho en 1897 au Grand Théâtre de Genève sera saluée comme un événement par la critique internationale. Depuis, ses œuvres connaissent une audience internationale. Le Bonhomme Jadis est monté en 1906 à Paris, alors que Les Jumeaux de Bergame sont créés la même année à Bruxelles.

C'est dans les années 1880 qu'Emile Jaques prend le patronyme d'Emile Jaques-Dalcroze, en accord avec son ami de Genève, Raymond Valcroze, et dans le but d'éviter toute confusion avec le compositeur français Jaques. En 1899, Emile Jaques-Dalcroze épouse Nina Faliero, une cantatrice italienne.

Chef d’orchestre à Alger au terme des années 1880, il est nommé professeur d'harmonie au Conservatoire de Genève en 1892. Partant, la pédagogie prend alors peu à peu une place prépondérante dans ses préoccupations. Il avait été vivement frappé par les carences de ses élèves dans le domaine du rythme et ses observations lui font entrevoir un mode d'enseignement qui prendrait en compte une perception corporelle de la musique. Il n’en faut pas plus pour que la rythmique naisse dans l’esprit d’Emile Jaques-Dalcroze, se développe puis soit connue bien au-delà des frontières suisses ou allemandes.

De démonstrations en conférences, il ouvre en 1910 à Hellerau (Dresde) en Allemagne sa première école, ceci grâce à la société « Die Werkstätten » et à ses fondateurs, la famille Dorhn. L'Institut Jaques-Dalcroze (Bildungsanstalt) d'Hellerau acquiert très rapidement une réputation internationale. Un grand nombre d'artistes et d'écrivains célèbres viendront s'initier à la méthode. Ici se concrétise également la collaboration entre Jaques-Dalcroze et Adolphe Appia, qui marquera l'évolution de l'art du spectacle. En 1914, il compose un grand Festspiel, La Fête de Juin à l'occasion du centenaire de l'entrée de Genève dans la Confédération suisse. Pendant son séjour à Genève, la première guerre mondiale éclate. Jaques-Dalcroze se joint à d'autres artistes de renom pour signer une protestation contre le bombardement de la cathédrale de Rheims. Il ne peut désormais regagner Hellerau.

En 1915, on inaugure à Genève l'Institut Jaques-Dalcroze, 44 rue de la Terrassière. Le pédagogue n'a alors cessé d'enseigner et de chercher et le compositeur de créer. Sa méthode s'est répandue à travers le monde et l'Institut contribue encore aujourd'hui à la garder vivante.

Après une vie de recherche et de labeur, Emile Jaques-Dalcroze s'est éteint à Genève, le 1er juillet 1950.

Sources : site officiel de l’école Jaques-Dalcroze ; Memo, le site de l’histoire
Rédaction et synthèse : Daniel Fattore

Œuvres :
La Soubrette (1881), opérette
L’Ecolier François Villon (1887)
Humoresque (1891) pour orchestre
La Veillée (1893), oratorio  
Chansons romandes (1896)
Sancho (1897)
Jeu du Feuillu (1890)
Le Bonhomme Jadis (1906), opéra
Les Jumeaux de Bergame (1906), opéra
Fête de la Jeunesse et de la Joie (1923)

Retour au sommaire des compositeurs
Retour à la une